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Voyage en Martinique — Une source d’inspiration artistique

  • Photo du rédacteur: Auriane
    Auriane
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

La Martinique est une île qui se vit autant qu’elle se regarde.


Pendant quatre semaines, j’y ai puisé une inspiration profonde, entre nature luxuriante, histoire marquée et pratiques artistiques quasi-quotidiennes.


Ce voyage a nourri mon regard d’artiste, ma relation au végétal, à la lumière et à la matière.


Séance de peinture au jardin Balata
Séance de peinture au jardin Balata


S’ancrer en Martinique : nature, lumière et premières inspirations artistiques


Je suis arrivée en Martinique le 1er décembre, avec la découverte de notre studio à La Trinité, aux portes de Tartane. Nous y avons séjourné trois semaines, et ce lieu est rapidement devenu un point d’ancrage, presque un atelier temporaire.Ce voyage artistique en Martinique a commencé par une immersion directe dans le vivant.


Vue depuis notre studio
Vue depuis notre studio

Notre copain tous les matins avec le Pèrenoir Rouge-gorge
Notre copain tous les matins avec le Pèrenoir Rouge-gorge

Notre hôte, Joris, passionné par les plantes tropicales et les fruits locaux, nous a initiées à une autre manière d’utiliser la nature. La tisane d’atoumo pour guérir le rhume que nous avions emmené de la métropole, les prunes de cythère, les caramboles, les oranges amères et les avocats ont constitué mes premières sources d’inspiration visuelle et sensorielle. Regardez-moi la taille de cet avocat ! Une chance car la saison des avocats en décembre est terminée.




La lumière joue un rôle central dans ce séjour. Dès 6h du matin, nous avions notre petit rituel : déjeuner dans la cuisine ouverte et peinture à partir de photos prises la veille ou ajustement des mini-tableaux réalisés sur place. En Martinique, la lumière est franche, changeante, parfois écrasante, et m’oblige à aller à l’essentiel dans ma pratique artistique.

La visite du château Dubuc, vestige d’une habitation du XVIIIe siècle, a été une première rencontre forte entre histoire et nature. La présence des figuiers étrangleurs, arbres majestueux et symboliques, a profondément nourri mon imaginaire plastique, presque un peids de nez àl'histoire où la nature reprend ces droit dans un lieu qui a vu des centaines d'esclaves s'échiner à la production du sucre de canne.



Histoire, architecture et paysages : une matière pour la création


Après l’installation de l’exposition et le vernissage (évoqués dans mon article Harmonie Florale), nous avons exploré Fort-de-France, véritable carrefour culturel de la Martinique.

Les murales, l’architecture de la bibliothèque Schoelcher — inspirée des travaux de Gustave Eiffel —, la Savane et les bâtiments historiques sont autant de formes, de lignes et de structures qui dialoguent naturellement les unes avec les autres et nourrissent l'histoire de la ville préfectorale.



À l’Atrium, les expositions de Jordan Béal et Adeline Rapon ont renforcé ma réflexion autour de l’image, de la mémoire et du récit visuel. J'ai beaucoup apprécié la scénographie des oeuvres de Jordan Béal, simple et efficace dans une ambince presque oppressante pour mettre en valeur son travail de photos abstraites. Ça donne envie de venir exposer là également ! :) Le travail d'Adeline Rapon quant à lui est naît pendant le covid, une belle collection de photos qui met en scène l'artiste en recréant des compositions de cartes postales doudouistes.



La visite de Saint-Pierre, ancienne capitale de l’île détruite lors de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902, a été un moment particulièrement marquant. Les ruines, le sable noir volcanique et la mer composent un paysage chargé d’histoire, où la beauté et la mémoire coexistent. J'ai été frappé de découvrir le cachot de Cyparis, le théâtre et l'église en ruine à ciel ouvert, cohabitant avec les maisons neuves ou bien servant de décor pour les événements. Des décombres la nature reprend ses droits.



La distillerie Depaz, puis celle de Saint-James, m’ont permis de découvrir un autre pan de l’identité martiniquaise : le rhum agricole, ses machines, ses jardins, et le lien profond entre agriculture, territoire et culture.



Pratique artistique, traditions locales et transmission


Ce séjour en Martinique a été traversé par une pratique artistique quasi quotidienne. J'ai voyagé avec le kit de peinture qu'on est en train de mettre en place pour L'Odyssée de Raoul avec la pochette bordée par Sashaline Créa, des tubes de gouaches, un carnet, palette et godet pour avoir de quoi peindre absolument partout ! J'ai testé cette palette depuis un petit moment, j'aime beaucoup car elle est compacte et évite à la peinture de sécher grâce à son capuchon en silicone mais je pense tester une autre marque de gouache pour ça car les Winsdor & Newton sont au top sortis du tube mais quand il faut la réactiver un peu, elle devient trop aquarelle, elle perd trop d'onctuosité. Mais elle reste du tout de même bien chargée en pigments !



Tests à la gouache également sur plus grand format, impossible de résister à l'achat du bloc de feuille à Cultura même si la moitié du temps il est resté à l'expo et que je ne m'en suis pas beaucoup servi...



En parlant du magasin, j'ai eu l'honneur d'animé un atelier à Cultura Californie au Lamentin, autour de l’expression florale et de la peinture à l’huile alla prima. Il prolonge le travail engagé avec l’exposition Harmonie Florale, en explorant le geste, la spontanéité et la matière. Odile a pu égalment proposer plusieurs ateleirs pour la technique du Pouring. un grand merci à l'équipe dynamique, vous nous avez vraiment réservé un bel accueil chaleureux !



Autre découverte artistique, le jardin de Balata, conçu par Jean-Philippe Thoze, est une véritable œuvre paysagère. Peut-être que la saison n’est pas la plus idéale pour voir toutes les fleurs, mais j’ai adoré la conception du paysage et je comprends pourquoi on parle d’artiste à propos de son créateur. Chaque recoin du jardin offre une nouvelle perspective, un nouveau tableau, grâce aux plantes rapportées de ses voyages. Le temps et les cyclones modifient continuellement cet écrin de verdure, qui pourtant perdure.



Côté sport nous avons eu la chance de voir un championnat de yoles rondes. Ces embarcations traditionnelles, équipées d’une grande voile et d’une équipe d’une quinzaine de personnes, impressionnent par leur équilibre : les équipiers se placent sur des manches en bois pour diriger la yole et faire contrepoids. C’est un spectacle assez magique, et on sent à quel point ce sport est important en Martinique. Il me semble d’ailleurs qu’il est inscrit au patrimoine culturel immatériel, et les grandes entreprises de l’île sont toutes estampillées sur les bateaux.



Les derniers jours, entre Rivière-Salée, la presqu’île de la Caravelle, les Anses d’Arlet et la rencontre avec les tortues marines, ont renforcé cette impression : la Martinique est une île qui inspire profondément, même dans les moments de ralentissement.


Nager avec les tortues à Grande Anse d'Arlet
Nager avec les tortues à Grande Anse d'Arlet


Ce voyage en Martinique a nourri mon regard d’artiste bien au-delà du séjour lui-même.

La nature, l’histoire, la lumière et les rencontres vont sûrement continuer de résonner dans mon travail, influençant ma manière de peindre, de composer et de transmettre.

J'en profite pour remercier Odile du fond du coeur pour son partage, cette expérience commune et sa générosité. Vraiment hâte de continuer notre exploration commune et de l'accueillir chez nous :)


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